Les draps posés sur moi raffraichissent ma peau .
Comme la terre sur la tombe d'une folle
Je m'eveille à la blancheur lunaire .
Et le miroir me rend mon regard
un poisson pâle me fixe de ses yeux
lui qui jamais ne nagera .
Ma peau blanche de lait que nul homme
ne boira .
Mes hanches , Mes epaules que nul n'a touché
car mon corps n'est pas prêt à ceder .
Le jour venu couvre d'une piece chacun de mes yeux
car deja je le sens la terre me reclame .
J'entends la vermine qui murmure
elle seule ce soir jouira du festin .
Je reste seule devant ma fenêtre
le soleil eclatant , les feuilles qui bruissent
et les enfants qui rient telle la mort .
Leur bonheur est un couteau dans mon coeur .
Moi le serpent jaloux devant sa fenêtre .
Ils seront là les arbres et le soleil et les enfants
aux peaux frippees sur leurs cannes
quand moi je ne serais plus qu'un souvenir
Quand mon rire ne retentira plus que par
les feuilles des arbres .
Je reste seule mais je veux les aimer .
Je reste seule , Moi le serpent .
Je reste seule mais je veux les aimer
Je reste seule à rire .
